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mercredi 20 mars 2013

Il était une feuille de Robert DESNOS


Il était une feuille



Il était une feuille avec ses lignes

Ligne de vie

Ligne de chance

Ligne de cœur

Il était une branche au bout de la feuille

Ligne fourchue signe de vie

Signe de chance

Signe de cœur

Il était un arbre au bout de la branche

Un arbre digne de vie

Digne de chance

Digne de cœur

cœur gravé, percé, transpercé

Un arbre que nul jamais ne vit

Il était des racines au bout de l'arbre

Racines vignes de vie

Vignes de chance

Vignes de cœur

Au bout des racines il était la terre

La terre tout court

La terre toute ronde

La terre toute seule au travers du ciel

La terre.



Robert Desnos


  1. Quelle est la nationalité de Robert Desnos?
  2. Quelle est sa date de naissance?
  3. Quelle est sa date de décès?
  4. A quel âge est-il mort?
  5. Où est-il mort?
  6. Cite deux ouvrages qu'il a écrit.
  7. Quelle(s) profession(s) a-t-il exercée(s)?
  8. A quel mouvement littéraire a-t-il appartenu?
  9. Que fait-il durant la Seconde Guerre Mondiale?
  10. Cite le titre d'un autre de ces poèmes célèbres.

lundi 14 janvier 2013

RECITATION: L'homme et la mer


L'homme et la mer

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes ;
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !

Charles BAUDELAIRE   (1821-1867)

samedi 17 novembre 2012

RECITATION: EN BATEAU DE PAUL VERLAINE

En bateau

L’étoile du berger tremblote
Dans l’eau plus noire et le pilote
Cherche un briquet dans sa culotte.

C’est l’instant, Messieurs, ou jamais,
D’être audacieux, et je mets
Mes deux mains partout désormais !

Le chevalier Atys, qui gratte
Sa guitare, à Chloris l’ingrate
Lance une oeillade scélérate.

L’abbé confesse bas Eglé,
Et ce vicomte déréglé
Des champs donne à son coeur la clé.

Cependant la lune se lève
Et l’esquif en sa course brève
File gaîment sur l’eau qui rêve.


Paul Verlaine (1869)

mardi 16 octobre 2012

RECITATION: Me voici ! C'est moi ! Rochers, plages

Me voici ! C'est moi ! Rochers, plages, 
Frais ruisseaux sous l'herbe échappés,  
Brises qui tout bas aux feuillages  
Dites des mots entrecoupés ;
Nids qu'emplit un tendre murmure,  
Branche où l'oiseau vient se poser ;  
Gouttes d'eau de la grotte obscure  
Qui faites le bruit d'un baiser ;
Champ où l'on entend la romance  
Du rossignol sombre et secret ;  
Monts où le lac profond commence  
L'hymne qu'achève la forêt !
Ouvrez-vous, prés où tout soupire ;  
Ouvre-toi, bois sonore et doux ;  
Celui dont l'âme est une lyre  
Vient chanter dans l'ombre avec vous.


Victor HUGO   (1802-1885)

mardi 4 septembre 2012

L’écolier


L’écolier

J’écrirai le jeudi j'écrirai le dimanche
quand je n'irai pas à l'école
j'écrirai des nouvelles j'écrirai des romans
et même des paraboles
je parlerai de mon village je parlerai de mes parents
de mes aïeux de mes aïeules
je décrirai les prés je décrirai les champs
les broutilles et les bestioles



puis je voyagerai j'irai jusqu'en Iran
au Tibet ou bien au Népal
et ce qui est beaucoup plus intéressant
du côté de Sirius ou d'Algol
où tout me paraîtra tellement étonnant
que revenu dans mon école
je mettrai l'orthographe mélancoliquement


Raymond Queneau